Suis-je HP ? (Haut Potentiel Intellectuel)

Au départ, ce blog n’était pas forcément destiné aux HP (ou HPI, ou Zèbre, ou doués, ou surdoués, ou précoces, les surefficients intellectuels… bref, de nombreux termes existent !)

Mais au fil de ma pratique professionnelle et des mes rencontres personnelles, j’ai été amenée à en rencontrer de plus en plus, à en aider plusieurs à prendre conscience de leur profil. Et pas mal de fidèles auditeurs des podcasts ont aussi l’air d’être des zèbres ! (Merci !!)

La plupart, adultes, ne souhaitent pas forcément faire un diagnostic (passer le test de QI), pour des raisons financières ou parce qu’ils n’en ressentent pas la nécessité. Néanmoins, ils ont besoin d’avoir des éléments “clés” pour savoir s’ils le sont probablement ou non. Cet article peut également aider l’entourage à mieux comprendre le fonctionnement d’un haut-potentiel et se défaire des stéréotypes du “génie-surdoué” qui a sauté 2 classes !

Voici quelques pistes, inspirées d’une infographie du blog repairage.ch

Il faut savoir qu’un HP ne s’identifie pas uniquement via le test de QI (raisonnement), mais aussi par sa gestion des émotions (et donc son rapport au monde, à soi et aux autres).

De façon brève, dans ce tableau, vous trouverez des qualificatifs de ces deux grandes catégories.

Néanmoins, nous tenons à préciser que seul la passation du WISC ou du WAIS demeure aujourd’hui le seul diagnostic clinique officiel qui atteste un profil Haut potentiel. Les infos suivants sont des « pistes de réflexions » qui vous permettrons d’avancer dans votre « suspicion ».

Pour les personnes souhaitant plus de détails, c’est en dessous.

Le fonctionnement du cerveauLa gestion des émotions
Il a une pensée en arborescenceIl a un sens profond de justice
Il a besoin de stimulationIl a du mal à s’auto-motiver
Le sens des mots est importantIl a une estime de soi à tendance fragile
Il a une tendance “neurodroitier » Il est plein d’empathie
Il est “clairvoyant”Il a besoin de reconnaissance
Il a besoin de comprendreSes émotions varient de façon rapide
Son cerveau est actif de façon permanenteIl a une tendance hyperesthésique (les 5 sens très développés)
Il raisonne rapidementIl a besoin de cadre

L’utilisation du terme « Il a… » tout au long de cet article est utilisé pour une simplification de lecture. Les HP ont des profils différents et des « degrés » de sensibilités différentes. Cet article ne donne que des repères.

En détails :

Le fonctionnement du cerveau :

  • Il a une pensée en arborescence. Les “normaux-pensants” (les non-HP) pensent en partant d’un point A, pour aller à un point B, puis un point C. Comme s’ils grimpaient à une liane pour aller tout en haut d’un arbre. Les HP eux, passent de branches en branches en changeant d’arbres, en sautant, en se frayant un chemin totalement improvisé. Par contre, c’est souvent difficile pour lui de retracer son chemin car ça a été tellement vite et dans tous les sens. Il peut aussi se perdre dans ses pensées. Cependant, cette vivacité d’esprit peut aboutir à des solutions innovantes et créatives.
  • Il a besoin de stimulation. C’est comme si le cerveau se nourrissaient de stimulations intellectuelles. Lui permettre de penser, de réfléchir, la variété, la diversité, la curiosité, les défis, les nouveautés = jouissance !! Sans stimulations intellectuelles pendant un certain temps, le cerveau se sent dénutri, affamé, et il s’ennuie… et l’ennui est souvent angoissant.
  • Le sens des mots est important. Il a une intelligence verbale très développée, un humour décalé, est fan des jeux de mots, des débats d’idées. L’exactitude des mots est importante. Les enfants HP sont très fort en argumentation (et ça peut être usant pour les parents !!)
  • Il est plutôt neurodroitiers. L’hémisphère droit semble dominant. Les émotions, les intuitions, la pensée globale qui gère les informations de manière simultanée. En conséquence, organiser sa pensée peut être difficile
  • Il est clairvoyant. Doté d’une grande lucidité, il voit ou comprend des choses que les autres ne voient pas tout de suite ou qu’ils perçoivent différemment. Il est souvent précurseur et n’est pas toujours compris. Ses conseils ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur. Il oublie parfois que ce qui est logique et évident pour lui ne l’est pas forcément pour les autres, ce qui peut avoir pour conséquences certains malentendus.
  • Il a besoin de comprendre. Comprendre le monde et les personnes qui l’entourent est un besoin vital. Les incohérences l’insupportent ! Le sens de la vie est important pour eux, ce qui peut les amener à une recherche spirituelle et des questions existentielles.
  • Son cerveau est actif de façon permanente. Tel un hamster qui tourne dans sa roue, les pensées ne s’arrêtent pas. (Trop) anticiper, se souvenir, analyser, imaginer, faire des associations d’idées ou de pensées. Il a également tendance à métapenser. C’est à dire avoir des pensées sur ses propres pensées et s’auto critiquer. Ces activités incessantes sont souvent épuisantes.
  • Il raisonne rapidement. Il a une logique rapide et affûtée. Les réponses peuvent surgir d’elles-mêmes. Il n’a souvent pas appris à apprendre. Il ne sait pas toujours expliquer le cheminement de sa pensée (ce qui peut être pénalisant en contexte scolaire). Il a tendance à croire que tout le monde sait ce qu’il sait et minimise donc son niveau de connaissances. Souvent, les autres ont du mal à suivre son rythme. Dans une équipe de travail, ou dans la vie de couple, cela peut être frustrant et provoquer des tensions.

La gestion des émotions :

  • Il a un sens profond de justice. Justice, équité, moralité, respect pour lui et pour les autres. Il ressent de la difficulté à évoluer dans un environnement où l’une de ces valeurs n’est pas respectée.
  • Il a du mal à s’auto-motiver. Quand ça l’intéresse, il est à fond et peut passer des heures à faire quelque chose qu’il aime. Mais face aux activités “vide de sens” (à ses yeux), il peine à s’investir. L’ennui et la lassitude sont ses pires ennemis. Il redoute les tâches répétitives ou les projets trop lourds ou trop longs à porter. Il a besoin de certaines “pressions” extérieures pour se mettre à travailler. L’urgence peut le stimuler et décupler ses forces.
  • Il a une estime de soi à tendance fragile. La peur de l’échec le paralyse. Il a tendance à préférer éviter plutôt que se tromper. Il est très exigeant envers lui-même et envers son entourage. Il a tendance à être perfectionniste, ce qui l’amène souvent à être déçu. Il a des convictions fortes, mais est facilement sujet aux doutes. Il est sensible au regard des autres et souvent susceptible. Il craint les remarques et les jugements. Il se sent souvent en décalage au milieu des autres.
  • Il est plein d’empathie. Il est capable de ressentir les émotions des autres. Face à cela, il peut être très empathique, ou au contraire, préférer se construire une carapace d’indifférence pour se préserver. Il donne généralement de bons conseils et sait comment faire plaisir aux autres. Il a la capacité de comprendre les autres, mais lui, ne se sent pas toujours compris.
  • Il a besoin de reconnaissance. Plutôt modeste et humble, il n’arrive pas à se mettre en avant facilement. Paradoxalement, il aime être remarqué et se distinguer des autres, à condition que ça soit pour des raisons valables. Il a besoin qu’on valorise son travail et aime avoir des retours sur ce qu’il fait et comment il le fait. Il entretient son originalité et préfère déplaire que laisser les autres indifférents ou rentrer dans le moule.
  • Ses émotions varient de façon rapide. C’est l’ascenseur émotionnel ! Il peut passer des joies explosives à la tristesse, du sentiment de réussite au sentiment d’incapacité. Il est souvent dans les extrêmes : “Des hauts très hauts et des bas très bas !”. Ces variations émotionnelles ne sont pas toujours comprises par son entourage.
  • A tendance hyperesthésique (les 5 sens très développés). Il a une forte sensibilité aux goûts, aux sons, au volume sonore, au toucher. Les stimuli sont intenses et cela peut l’irriter profondément ou au contraire, être agréable.
  • Il a besoin de cadre, de repères. L’inconnu peut lui faire peur, mais il a soif de nouveauté. La difficulté de s’auto-motiver et s’auto-discipliner font qu’il peut ressentir le besoin d’évoluer dans un cadre et avec des repères qui lui donnent un rythme ou une mesure. Paradoxalement, il ne supporte pas les contraintes. Il a besoin d’un équilibre : un cadre, des objectifs, des repères et des limites, mais une certaine liberté.

Bien entendu, la passation du test de QI (WISC pour les moins de 16 ans et WAIS pour les plus de 16 ans) demeure aujourd’hui le seul diagnostic officiel.

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