#29 : Entreprendre : Etre libre ? Mais quelle liberté ?

Entreprendre pour être libre ? Mais quelle liberté recherchez-vous ?
Dans ce podcast nous parlerons de deux formes de liberté :
– Etre libre pour faire ce que l’on veut
– Etre libre pour faire ce qu’on doit faire
La liberté dans l’entreprenariat existe-t-elle réellement ?

Durée du podcast : 6’23 »

Premier épisode de la série :

#28 : Entreprendre : Etre son propre patron ou être son meilleur employé ?  

#29 : Entreprendre : Etre libre ? Mais quelle liberté ?

#30 : Entreprendre : Avoir une bonne idée ne suffit pas !

#31 : Entreprendre : Visionnaire ou gestionnaire ?

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Nous continuons notre série pour les personnes qui saisissent ce moment de reconversion professionnelle pour entreprendre. Ces podcasts s’adressent également à toutes personnes tentées par l’aventure de l’entreprenariat. Ils ont pour but de vous aider à mieux identifier vos motivations, mais aussi à vous éclairer quant aux idées préconçues.

Pseudo liberté ?

Ces dernières années, avec les réseaux sociaux, le web marketing et le personnal branding, un grand nombre de personnes ont véhiculé une image idyllique de l’entreprenariat. Par exemple, le gars qui voyage tout le temps et qui te fait un vlog sur une plage de Thaïlande. Celui-ci te demande ensuite si toi aussi tu veux la même belle vie que lui. En effet, ces images sont souvent véhiculées par les personnes qui vendent des formations, qui souhaitent recruter ou les coachs autoproclamés. Ils souhaitent souvent accompagner les gens vers une soit-disant liberté. Du coup, ça a fait naître chez de nombreuses personnes un désir de liberté.

J’aimerais juste attirer votre attention sur cette notion de liberté, et ce que cette quête peut exprimer.

Marketing à paillettes !

Mais avant ça, on va juste prendre le temps de passer à travers les filtres de l’image de la liberté, telle qu’elle est véhiculée. La liberté que les personnes partagent sur les réseaux sociaux est modifiée par des filtres. Vous savez, sur instagram ou sur snapchat, on utilise des filtres pour lisser la réalité. Sur Facebook, aussi : les gens communiquent ce qu’ils ont envie de communiquer. Ils ont tendance à montrer le meilleur de ce qu’ils vivent. C’est pareil pour les entrepreneurs qui parlent à tout va de leur liberté. Ils ne parlent pas de tout. Ils ne vous montrent pas les heures de travail, les années qu’ils ont passé à bâtir. Souvent, les personnes qui parlent beaucoup de liberté sont celles qui sont dans des systèmes de ventes de programmes, de coaching, etc. Ils ont quelque chose à vendre qui est censé vous outiller pour accéder à cette liberté.

#NoFilter

La liberté est ici utilisée comme un appât. Et le problème, c’est que ça mord bien !! Les gens désirent cette liberté. Et cela est normal ! Qui ne la souhaite pas ? Mais petit à petit, à force de véhiculer cette image de liberté, qui est souvent fictive ou lissée, les gens développent une image erronée de l’entrepreneur libre ou de la liberté que procure l’entreprenariat.

S’ils sont sur une plage en Thaïlande, ou dans un pays d’Asie, c’est souvent parce qu’ils ne gagnent pas suffisamment pour vivre en France. Ils doivent donc s’expatrier vers un pays où le coût de la vie est bien moins élevé. Ces gens là, ne vont pas s’installer à Tahiti, au japon, à Londres, à NY… ni même à la Grande motte.

Quand on parle de liberté, il faut faire la différence entre « je suis libre de faire ce que je veux » et « je suis libre de faire ce que je dois faire ! ».

Libre de quoi ?

Dans le premier cas : « je suis libre de faire ce que je veux », si c’est ce que vous recherchez, et bien, ce n’est pas dans l’univers de l’entreprenariat que vous pourrez le faire. Ça s’appelle des vacances, mais ça ne dure pas éternellement. Ou bien on vit de la rente de biens immobiliers. Mais, à moins de toucher un gros héritage, ça ne se fait pas tout de suite dans la vie et ça demande des années à bâtir. Un entrepreneur ne fait pas ce qu’il veut. Il a des comptes à rendre, il a des obligations et n’est pas forcément maître de son temps à cause des échéances, des délais de paiements, des RDV et des exigences de clients.

Je vous invite aussi à écouter le premier épisode de cette série qui aborde le fait d’être son propre patron et les motivations qui vont avec.

Et même pour les personnes qui visent une liberté financière. Avant d’y accéder, les efforts à fournir sont loin de la situation où on « fait ce qu’on veut ».

Libre pour quoi ?

Dans le deuxième cas « Je suis libre de faire ce que je dois faire » : ça implique une notion de responsabilité et de vision. L’entreprise peut par exemple naitre d’un projet de vie, d’une vision de la vie de famille. L’entreprise est alors un moyen pour accéder à quelque chose, de rendre cette chose possible. Par exemple, une maman qui souhaite travailler et en même temps garder une souplesse dans son planning pour s’occuper de ses enfants. Là, il y a une vision de vie et une petite entreprise avec un statut simple lui permettra d’avoir cette souplesse.

Libre pour une cause

L’entreprise peut aussi venir servir une vocation, une cause ou répondre à l’envie de créer quelque chose, de répondre à un besoin, de combler un manque observé dans la société. Ca peut-être la création et la vente d’un nouvel objet révolutionnaire, l’information et l’accompagnement vers de nouvelles habitudes alimentaires, etc. Là encore, la liberté sera une liberté d’action. Dans le sens où vous aurez la liberté de consacrer vos journées, et peut-être une partie de vos nuits, à VOTRE projet, votre vocation, votre cause. Celui ou celle qui perçoit cette dimension de liberté a compris le sens profond de la liberté. C’est la possibilité de grandir, d’évoluer, c’est la possibilité d’agir. En parallèle, les efforts à fournir, la discipline et l’investissement suivront car vous saurez pourquoi vous devez faire tout cela.

Je vous laisse avec ces réflexions autour de la liberté. Pour résumer : si vous souhaitez entreprendre pour être libre, demandez-vous quelle liberté vous recherchez et si c’est dans l’entreprenariat que vous la trouverez.

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