#25: Orientation : Voir au-delà de son environnement

Orientation podcastComment notre environnement influence nos choix d’orientation ?
Est-ce qu’il nous inspire ou nous limite ?
Dans ce podcast, nous voyons comment ne pas confondre valeurs et schémas.
Et vous entendrez comment je suis devenue psy après un échec et une orientation ratée !!

Durée du podcast : 9’16

Pour écouter les autres épisodes de la série :

#20 : Bien choisir ses options (lycée, études, formations,…)

#21 : Qu’est-ce que l’orientation aujourd’hui ?

#22 : Orientation : la posture et le rôle des parents

#23 : Orientation : les blocages

#24 : Orientation : le bon départ

#26 : Orientation : Choisir un métier, un secteur, des études ou un centre d’intérêt ?

#27 : Orientation : Ces études sont-elles faites pour moi ?

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Version texte

Dans cet article, nous allons voir combien notre environnement peut nous poser des limites dans nos choix. Je ne parle pas d’un environnement qui va verbalement nous empêcher de faire des choix. Je parle de l’environnement qui va influencer nos pensées, nos perspectives et nos projections.

Ensuite, nous allons voir comment nous pouvons quand même tirer parti de l’environnement dans lequel nous avons évolué, et ce que ça peut nous apporter.

Mon propre parcours

Afin d’illustrer ce podcast, je vais vous parler de moi et de mon parcours.

Quand j’étais enfant, je voulais devenir infirmière. J’ai grandi avec cette idée, et à 12 ans, j’étais convaincu de cela. C’est simple, je voulais aider les gens. Je connaissais les conditions d’admissions.

A l’époque, il fallait passer un concours en 2 épreuves et n’importe quel Bac était accepté. Donc, j’ai fait mon choix et j’ai continué ma scolarité en ne me foulant pas trop puisque l’admission au concours ne reposait pas sur mes notes au lycée. Le concours est arrivé, et j’ai réussi la première épreuve, mais j’ai eu une note éliminatoire à la 2ème épreuve, à l’oral. Le jury craignait que physiquement, je ne sois pas assez résistante pour exercer ce métier qui exige une excellente santé et un rythme soutenu. J’étais e-ffon-drée. Je n’avais aucun plan B, je n’étais inscrite nul part ailleurs. Et là, j’ai connu comme pas mal de monde, la phase « je ne sais pas quoi faire de ma vie ».

Du coup, j’ai eu une année entière pour réfléchir. Têtue comme j’étais, je m’étais mise en tête que j’allais repasser le concours d’infirmière avec comme projet supplémentaire d’être puéricultrice. Là, préciser que j’allais porter des bébés, ça allait passer auprès du jury.

Nouvelles rencontres

Durant cette année, j’ai rencontré du monde, j’ai eu le privilège de voyager et de vivre dans un autre pays pendant quelques mois, de connaître une autre culture et de voir d’autres façons d’exercer des métiers. Et lors d’une discussion, quelqu’un m’a demandé pourquoi je voulais vraiment être infirmière. Je lui ai répondu que je voulais aider les gens en échangeant avec eux. Cette personne était un médecin, et donc, connaissait bien ce milieu. Elle m’a juste dit « tu sais, il y a pleins d’autres façons d’aider les gens, et pleins d’autres métiers ». Et ces paroles me sont restées en tête.

Je me rappelais d’un psychologue dont j’avais entendu parler. J’ai réalisé que si je souhaitais surtout utiliser la parole ou les échanges verbaux pour aider les gens, le métier d’infirmière n’était pas forcément le plus approprié. J’ai donc envisagé le métier de psychologue. Et là mon parcours pour être psychologue a commencé.

Les leçons ?

En choisissant le métier d’infirmière, je me suis limitée à ce que je connaissais dans mon environnement. En effet, ma mère est infirmière, j’ai 2 tantes infirmières, une tante puéricultrice et ma cousine venait d’entrer à l’école d’infirmière… j’étais entourée d’infirmières et qui plus est, aimaient leur métier. Mon envie d’aider les autres a tout de suite pris la forme que je connaissais le plus.

Je ne me suis pas demandée comment je pouvais aider les gens MOI, ni même si ce métier me correspondait vraiment, ou s’il m’était le plus adaptée.

Alors, d’où vient ce processus ? Comment l’expliquer ?

Déjà, je pense qu’il y a là une façon de se rassurer. L’être humain a un instinct de protection. Et ce qui est inconnu est souvent menaçant. Donc, en restant sur un terrain que l’on connaît, on se protège, on se rassure en s’agrippant à des repères.

Traduire nos aspirations

Autre raison également : c’est le fait de traduire nos envies ou nos aspirations dans un langage que l’on connaît et que l’on maîtrise. Il ne s’agit pas là de se protéger, mais comprendre le monde avec les filtres que l’on a jusqu’à maintenant. De mon côté, je n’avais qu’une vision très stéréotypée des psychologues et jamais je n’aurais pensé à exercer ce métier si je n’avais pas eu des échos concrets d’un psychologue.

Le défi pour les lycéens est d’agrandir leur environnement, de penser en dehors de leur boîte et avoir une curiosité aussi présente que celle des jeunes enfants.

Une bonne naïveté

Les enfants questionnent tout car ils savent qu’ils ont tout à apprendre. Cette naïveté les pousse à grandir et à questionner le monde : pourquoi ? comment ? c’est quoi ? Pour repousser les limites de notre environnement, il faut essayer de redevenir curieux de tout et de chercher à comprendre le fonctionnement du monde. A partir des évènements, des actualités et des objets du quotidien, on peut questionner le monde qui nous entoure.

Questionner le monde qui nous entoure

Par exemple, vous vous faites piquer par des moustiques, vous pouvez vous demander qui sont les personnes qui connaissent le comportement des moustiques, qui sont les personnes qui donnent des conseils pour éliminer les gites à moustiques, qui sont les personnes qui étudient les compositions des produits anti moustiques. En faisant cet exercice, ça vous amène à découvrir des professions ou des secteurs de métiers.

Vous pouvez faire la même chose avec Netflix : qui sont les personnes qui programment les suggestions des choses à voir en fonction de ce qu’on a déjà vu ? qui sont les personnes qui sélectionnent les films ? qui produit les séries spécifiques de Netflix ?

Vous pouvez prendre une bouteille d’eau et à partir de là, prendre en compte tous les métiers autour de l’eau, de l’analyse de l’eau, les métiers autour du design, du graphisme, du plastique et la recherche pour de nouveaux plastiques à partir de matériaux recyclés, les métiers de la vente, de la distribution, de logistique…

Et cet exercice devient encore plus intéressant quand vous commencez à vous questionner sur des choses qui vous intéressent réellement, en dehors de votre cursus scolaire ou bien des choses qui vous indignent ou des éléments qui vous font vibrer.

Changer de regards sur l’environnement

Même si vous n’avez pas le nom des métiers précis, cela vous permet au moins d’élargir votre compréhension du monde et de changer de regards sur l’environnement qui vous entoure. Et ensuite, vous vous projetez dans ces différents secteurs, en vous demandant si ça serait intéressant pour vous d’y être ou non ? ou si vous vous voyez évoluer dans ces secteurs là ou non.

Vous pouvez également vous intéresser aux personnes autour de vous. Quels métiers ils font ? leur quotidien ? leur parcours, les études pour y arriver ?

Si vous sentez qu’un métier vous attire mais que vous ne savez pas vraiment quoi ou comment le définir, un exercice efficace est de l’expliquer à un enfant de 4 ans. En expliquant à un enfant de 4 ans, ça vous pousse à aller à l’essentiel, au cœur du métier sans vous perdre dans les détails techniques.

  • Exemples : Le métier d’infirmier expliqué à un enfant de 4 ans : c’est prendre soin du corps des gens en soignant leurs bobos
  • Et le métier de psychologue expliqué à un enfant de 4 ans : c’est prendre soin du cœur des gens en parlant avec eux et en leur posant de bonnes questions pour les aider à trouver des solutions à leurs problèmes.
  • Exemple pour le métier d’éditeur : c’est trouver les meilleurs écrivains et les aider à écrire leur livres et les vendre.

Maintenant, comment considérer les influences de notre environnement ?

On ne peut pas nier que l’environnement nous apporte de bonnes choses, mais c’est la façon dont ça nous influence que l’on doit comprendre. Dans mon cas, je dois être reconnaissante d’avoir grandi dans cette atmosphère de bienveillance envers les autres. Par contre, c’est l’expression de cette influence qui doit me ressembler. Notre environnement doit nous inspirer et non nous enfermer. Nous héritons des valeurs et non des schémas ou des moules ou des modèles rigides.

Pour les enfants ayant grandi avec des parents entrepreneurs, si la vie de leurs parents les ont inspirés, ils doivent trouver leur façon de vivre avec cette ambition. Par exemple, ils ne doivent pas forcément reprendre l’entreprise des parents s’ils n’ont n’en pas envie. Ils peuvent par exemple être consultant en entreprise ou conseiller les créateurs d’entreprises, ou aider les entreprises à communiquer. Il y a différente possibilités d’incarner et de retransmettre les valeurs reçues durant sa vie.

Pour finir, je vous invite donc à distinguer dans votre environnement quelles sont les choses inspirantes à conserver et les choses « enfermentes » ou limitantes dont il faut se libérer. L’environnement apporte du bon, mais son influence ne doit pas primer sur votre propre identité.

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