#16 : Doit-on vivre de sa passion ? Quand la passion est associée à une cause

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16 passion et cause

Vivre de sa passion

Pour la suite de cette série autour de la question « Doit-on vivre de sa passion ? » nous allons voir que pratiquer sa passion et l’associer à une cause peut être un moteur pour un projet professionnel. A travers plusieurs exemples concrets, nous allons voir que la passion peut se déployer de façon plus profonde.

Durée d’écoute : 6’53

 

Les autres épisodes de la série sur « Doit-on vivre de sa passion ? » :

#14 : Doit-on vivre de sa passion ? Passions entonnoirs ou passions racines ?

#15 : Doit-on vivre de sa passion ? Gérer les contraintes professionnelles

#16 : Doit-on vivre de sa passion ? Quand la passion est associée à une cause

#17 : Doit-on vivre de sa passion vs. Faire vivre sa passion

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Doit-on vivre de sa passion ? Pour ceux qui ont déjà écouté les 2 premiers épisodes, vous commencez à connaître ma position. Non, il ne faut pas forcément vivre de sa passion. Surtout, la pratique d’une passion n’est pas un critère prioritaire à prendre à tout prix en compte dans sa réflexion. Si ça peut satisfaire des gens de vivre de leur passion, ce n’est pas pour tout le monde. Avant tout, cela dépend des passions, ça dépend de la maturité d’une passion en nous et de la maturité de chacun. Comme nous l’avons vu dans l’épisode 15, cela dépend aussi de sa capacité à faire évoluer ensemble passions et contraintes professionnelles.

Il ne suffit pas d’être bon dans sa passion pour réussir à en vivre.

Aujourd’hui, nous allons voir un autre élément important qui peut être moteur dans un projet professionnel, ou au contraire, un élément qui peut vous alerter et vous aider à ne pas vous précipiter.

Un moteur supplémentaire

Une passion se manifeste souvent par une action, une pratique, une activité, l’usage régulier d’un outil ou d’un instrument. Ces activités peuvent vous apporter une certaine satisfaction. Mais cela peut se vivre sur deux niveaux. Prenons l’exemple d’un ou d’une employée qui aime courir après le boulot. L’un va s’entrainer trois fois par semaine pendant des années et se décider à s’inscrire au marathon de l’an prochain. Il va progresser, courir ce premier marathon et même le finir, l’encourageant ainsi à en faire d’autres pour améliorer son chrono. L’autre va avoir la même passion pour la course à pieds mais va organiser aussi des courses en duo, des relais solidaires, va lever des sponsors pour financer des projets et soutenir des associations.

Rich & famous… That’s it ?

Autre exemple : l’histoire de certaines célébrités, qui nous montre que vivre de sa passion et être célèbre et reconnu ne suffit pas. De nombreuses personnes célèbres ont eu soif à un moment d’utiliser intelligemment leur influence et leur renommée pour servir une cause. Leonardo Di Caprio donne sa voix pour la cause environnementale, Bono de U2 lutte contre la faim dans le monde, Rémi Gaillard prend la défense des animaux. Ils n’ont pas arrêté ce qu’ils aimaient faire. Ils continuent à pratiquer leurs passions (après tout, ils sont bien payés pour ça !), mais utilisent leur notoriété pour communiquer et influencer le monde.

Moi dans la « Big Picture »

Bien entendu, on ne doit pas attendre d’être célèbre pour porter une cause, mais nous voyons que l’argent, la célébrité et la reconnaissance n’apporte pas un épanouissement total et qu’il y a une soif d’être utile aux autres, une soif de se sentir utile, de faire partie de quelque chose et ne pas vivre seul dans son coin.

Je vais donner d’autres exemples pour rentrer au cœur du sujet. Vous pouvez :

  • Dessiner pour communiquer des messages et éveiller des consciences sur un thème particulier, comme la vie de famille ou l’écologie
  • Cuisiner pour influencer positivement la santé des gens et partager un mode de vie plus sain
  • Coder pour des applis qui touchent un domaine précis comme l’éducation ou la pédagogie
  • Faire du graphisme pour collaborer avec des ONG engagées dans l’humanitaire
  • Jouer de la musique et l’enseigner aux enfants défavorisés
  • Partager votre amour pour la philosophie pour apprendre aux ados à penser, à raisonner de façon efficace
  • Pratiquer votre sport préféré avec des jeunes qui ont besoin d’être remotivés dans leur vie
  • Bref… vous voyez où je veux en venir.

Quoi et pourquoi ?

Un don dans le sens  « être doué », est synonyme de « cadeau ». Vous avez reçu un cadeau, à vous d’en faire cadeau autour de vous. Je pense qu’un don seul et isolé ne se déploie pas autant qu’un don mis au service d’une cause. Votre don est alors un outil pour atteindre un but plus grand et pas juste une finalité uniquement personnelle. Mettre vos dons au service d’une vision plus grande donne un sens à ce que vous faites. Cela vous permet également de maintenir une motivation et de vous rappeler pourquoi vous faites ce que vous faites. Ca vous donne des objectifs plus concrets à atteindre et vous permet de partager votre passion avec d’autres personnes.

Exercer sa passion répond à la question « qu’est-ce que je fais ». La cause répond à la question « pourquoi je le fais ».

Certains peuvent facilement visualiser dans leur vie ou dans leur univers quelle passion et quelle cause faire interagir ensemble. Pour d’autres, c’est moins simple, moins concret ou peut être prématuré. Néanmoins, si vous n’avez pas encore trouvé de cause ou d’objectifs plus grand, continuez quand même d’exercer vos dons ou votre passion.

L’épreuve du dépouillement

Parfois, pour trouver une cause à porter, on peut se poser la question : si on était dépouillé de notre don ou de notre instrument ou de nos outils, qu’est-ce qu’il nous resterait ? C’est à dire, qu’est-ce que je voudrais continuer à communiquer autour de moi ? qu’est-ce que j’aurais envie d’exprimer sans mon instrument de musique ou sans mes capacités physiques si on parle des sportifs.

On va reprendre quelques uns des exemples précédents :

  • Le dessinateur qui n’a pas ses feutres va vivre de façon écolo et va communiquer ce style de vie autour de lui.
  • Le cuisinier, même en dehors de sa cuisine va saisir d’autres opportunités pour développer un mode de vie plus sain.
  • Celui qui fait du code, même hors écran il va continuer à être sensible à l’éducation.

Se détacher de sa passion

Finalement, il faut voir à quoi vous êtes sensibles en dehors même de la pratique de votre passion. En effet, cela demande d’être sensible à ce qu’il se passe en dehors de votre environnement. Il faut avant tout avoir la capacité de voir plus loin que son épanouissement personnel. Certains arrivent à vivre de leur passion et c’est super. Cependant, il existe un risque bien réel, celui d’être trop centré sur soi. Personnellement, j’ai la conviction qu’on fait tous partis « d’un tout ». Chaque personne est équipée pour répondre aux besoins d’au moins une autre personne. Vous allez peut-être trouver ça un peu « bisounours ». Cependant, à force de rechercher à être une licorne scintillante aux 1000 paillettes, le risque est de s’éblouir soi-même et ne plus voir qui est autour de nous.

Donc, pour résumer, il ne faut pas forcément chercher à vivre de sa passion. Mais une chose est sûre, quand on veut y arriver, « trouver son pourquoi », rattacher sa passion à une cause qui la dépasse constitue un moteur supplémentaire. Et cela peut vous donner davantage de sens à un projet professionnel, voir même un projet de vie.

 

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